Directive nitrates
Dernière mise à jour le 14 février 2025
Le comité azote Champagne-Ardenne s’est réuni le 13 février 2025 afin de valider la synthèse des reliquats (RSH) de la campagne 2025. Ce sont près de 6 300 parcelles analysées qui viendront compléter les données propres de chaque exploitation afin de réaliser le plan de fumure prévisionnel (PPF).
Comme chaque année, une variabilité des reliquats existe entre types de sols, précédents et apports organiques réalisés. Mais 2025 est d’autant plus marquée que les rendements 2024 ont été très hétérogènes sur l’ensemble du territoire. Ainsi la synthèse annuelle a pour objectif de prendre en compte l'ensemble de ces éléments pour ajuster au mieux les doses conseillées pour 2025.
Si le printemps 2024 ne se présentait déjà pas comme la campagne la plus extraordinaire avec son excès d’eau, rappelant l’année 2016, le manque de luminosité en fin de cycle a appuyé ce constat et fait chuter les PS et PMG bien en deçà de la moyenne, et de fait, a fortement impacté les rendements des céréales notamment. Une campagne capricieuse, qui a laissée des traces au niveau du sol avec des reliquats après récolte (RAR) très élevés (en moyenne 100uN/ha, l’une des années les plus hautes depuis 2016).
L’automne 2024 ressemble à la moyenne pluriannuelle (2005-2023) tant au niveau des quantités d’eau perçues, qu’au niveau température. Là où elle diffère c’est au niveau de la répartition de la pluviométrie, avec des pics ciblés sur certaines décades (jusqu’à plus de 60mm fin septembre et début octobre) en corrélation avec des températures douces favorisant la minéralisation du sol. Ainsi les réseaux des Aires d’Alimentation de Captages (ACC) ont mesuré des valeurs de reliquats début drainage (RDD) en forte augmentation. L’automne 2024 s’inscrit donc parmi les années avec les RDD les plus élevées depuis 10 ans.
En analysant les valeurs de RSH, nous observons qu’une partie des unités d’azote de l’automne ont été lessivées en sortie d’hiver. En effet, si la pluviométrie de l’automne était dans la moyenne, celle de l’hiver est un peu plus élevée que l’année passée (+15mm par rapport à 2024, +32mm par rapport au pluriannuel). Cet effet lessivage se retrouve au niveau des valeurs de nos RSH 2025 avec une perte moyenne mais significative en sol de craie, d’une trentaine d’unités, toutes situations confondues. On note cependant un effet plutôt positif des CINE (anciennement CIPAN) détruits après le 1er décembre qui permettent de piéger une vingtaine d’unités dans la biomasse.
Entre le phénomène de lessivage et celui du piégeage, les RSH 2025 restent très importants notamment pour les cultures explorant 3 horizons (jusqu’à 90cm) et surpassent ceux obtenus en 2024. C’est le cas pour une céréale d’hiver précédent pois qui présente un RSH de 100uN en 2025, contre 56uN en 2024, et 70uN en pluriannuel. Ils sont dans la moyenne pour les cultures explorant seulement 2 horizons (jusqu’à 60cm). Si le profil général, toutes situations confondues, est similaire à 2024, avec 70% de l’azote total présent dans les 60 premiers centimètres du sol.
Les colzas ont par exemple très bien joué leur rôle de pompe à nitrates puisque le profil présente en moyenne 25 unités de moins qu’une céréale d’hiver. Les biomasses d’automne témoignent d’ailleurs de ce piégeage avec une biomasse moyenne entrée d’hiver de 1,8kg/m².
On retrouve également l’effet des CINE (Cultures Intermédiaires Non Exportées) qui ont pu remobiliser de l’azote du sol par rapport à des sols nus. Comme pour l’ensemble des valeurs de la synthèse de RSH, la moyenne cache une grande variabilité des parcelles (de 7 à 210uN de RSH). Les couverts à base de graminées ou légumineuses ont été nettement moins efficaces pour capter l’azote du sol.
L’effet d’un apport de matière organique (été ou automne) se retrouve également au niveau des valeurs de RSH avec en moyenne 15 unités de plus dans le profil par rapport à des situations sans apport de matière organique. Ces unités sont essentiellement concentrées dans les 2 premiers horizons, ce qui signifie, pour ces parcelles, que les cultures ont accès à un garde-manger bien fournit pour la reprise de végétation. À noter que les valeurs indiquées dans la synthèse pour ces situations avec matières organiques restent des moyennes, et qu’elles cachent derrière une grande hétérogénéité qui peut aller du simple au double. À titre d’exemple, pour une betterave précédent pailles enfouies en terre de craie avec matière organique, la synthèse donne un échantillon de 1079 parcelles traitées pour une valeur moyenne de 89uN et une amplitude de 7uN à 200uN.
Le Plan d’Action Régional 7 (PAR 7) est entré en vigueur depuis le 1 septembre 2024. S’il amène de nouveaux éléments dans la gestion de l’azote à l’automne, il n’impact à ce jour pas la méthode de calcul du PPF telle que nous la connaissons.
Ainsi votre PPF est toujours exigible pour le 15 avril avec les règles du GREN en vigueur depuis novembre 2019. Les contrôles administratifs seront effectués sur la base de cette méthode de référence.
Pour vous aider, un guide de calcul a été créé par les Chambres d'agriculture, les coopératives, les négoces et les instituts techniques de la région, membres du groupe azote régional.
Consulter le Guide GREN pour le calcul de la dose d'azote prévisionnelle
Retrouvez toutes les références et documents pour établir votre PPF dans notre dossier Plan de fumure et enregistrement des pratiques
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Audrey BAUCHET
Conseillère spécialisée